Mali : Manifestations contre la présence des armées étrangères

0
514

AA / Illa Kané

Les populations de la ville Sévaré, dans la région de Mopti (centre), ont manifesté contre la présence des armées étrangères au Mali, devant le siège de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), a rapporté la presse locale, jeudi.

Mercredi, «la marche est partie du rond-point central de Sévaré, devant le lycée Hamadou Dicko, pour la base de la Minusma, dans la zone aéroportuaire de Sévaré où les marcheurs ont remis une motion aux responsables de la mission onusienne», a indiqué l’agence officielle de presse (AMAP).

Les manifestants exigent, entre autres, le départ de toutes les forces étrangères au Mali, dont la Minusma et Barkhane, et la présence opérationnelle des forces armées maliennes, a ajouté la même source.

Ils réclament aussi la révision de l’accord de défense avec la France et que justice soit faite.

« Minusma Dégage ; Barkhane dégage ; On a tout compris » ; « La Minusma est à la base du terrorisme pour bénéficier de l’argent de l’ONU » ; « France, dégage nos frontières » ; « Il faut que la justice soit rendue ; réviser l’Accord de défense entre le Mali et la France » ;« Tous ensemble, vecteur de sécurité, de stabilité, de développement dans une confiance absolue de la région de Mopti », étaient parmi les slogans levés et inscrits sur des banderoles, selon un reportage de « maliactu ».

Cette manifestation contre la présence des armées étrangères intervient la veille d’une visite de deux jours du Premier ministre malien Boubou Cissé, jeudi, dans la région.

«Au cours de son séjour, le Boubou Cissé rencontrera la hiérarchie militaire pour évoquer avec elle les questions sécuritaires. Il visitera les blessés des récentes attaques de Boulkessi et Mondoro, partagera un repas de corps avec la troupe, avant de procéder à Soufroulaye au lancement du DDR (désarmement / démobilisation / réintégration ) spécial», a indiqué un communiqué de la primature malienne consulté par Anadolu.

Selon l’analyste politique malien Inoussa Dicko, joint par Anadolu, le premier ministre Cissé rencontrera, éventuellement, des représentants des manifestants contre la présence des armées étrangères au Mali pour leur donner la position du Gouvernement.

Depuis 2012 le Mali est confronté à un climat d’insécurité qui affecte principalement les régions du nord et du centre. Outre les forces de la Minusma, celles de l’opération Barkhane et celles du G5 Sahel sont présentes dans le pays.

En juin 2018, le siège de la force conjointe du G5 Sahel, basé à Sévaré, avait été visé par une attaque terroriste. Il a, ensuite, été transféré à Bamako où plusieurs manifestations ont eu lieu contre son installation, ce qui a amené le gouvernement à renoncer à cette implantation et de chercher un autre lieu.

Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les manifestations contre la présence des armées étrangères se tiennent de manière récurrente, à l’appel des organisations de la société civile et des mouvements de jeunes qui contestent leur utilité, au vu de la persistance des attaques terroristes dans les trois pays.

Côté français, ces manifestations ne semblent pas avoir un quelconque effet sur leurs « mission ». Ils ont même commencé à remplacer les tentes par des bâtiments « en dur ».

« D’importants travaux d’infrastructure sont actuellement menés sur la base de Gao (nord) avec la construction de logements en dur pour les militaires, d’une deuxième centrale à haute tension et d’un cinquième forage d’eau », a indiqué le ministère français des armées dans un communiqué en date du 8 octobre.

Autrement dit, leur présence est inscrite dans la durée.