Quand le président Issoufou décide de prendre les taureaux par les cornes

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L’organisation de ce sommet sur le constitutionnalisme à Niamey bien à point nommé car comme le dit l’autre « l’Afrique n’a pas besoin des hommes forts ,mais des institutions fortes. Il peut être compris de plusieurs manières. D’abord le choix de Niamey pour cette rencontre loin d’être fortuit s’explique par la volonté du président Issoufou de rassurer encore ceux qui ont des doutes sur ses sincères intentions de quitter le pouvoir à la fin de son mandat constitutionnel en 2021. Comme vous savez, le président à plusieurs occasions a réaffirmé son engagement de respecter et faire respecter ses promesses. Ensuite, il s’agit d’un appel fort lancé non seulement aux présidents de la sous région qui s’entêtent au pouvoir mais également un message adressé à l’endroit de tous les présidents africains.

La participation de quelques présidents et anciens présidents s’inscrit à juste titre dans cette logique. Il est aussi important de noter la participation de l’ancien président nigérien Mahamane Ousmane surnommé affectueusement par les nigériens « Nafarko ». Cette participation a surpris beaucoup d’observateurs nationaux et internationaux quand on sait la farouche adversité qui existe entre les deux hommes non seulement politiquement mais également du point de vue personnel à en croire à certaines sources. Comme vous le savez, lors de la présidence du président Ousmane, la démission de Issoufou en tant que premier ministre avait contribué à l’affaiblissement de la troisième république, une crise institutionnelle et par dessus tout la mise en cohabitation de cette dernière. Ce que « Nafarko » aurait du mal à oublier.

Ce que les gens oublient c’est la grandeur et la richesse du capital social dont dispose le peuple nigérien dans son ensemble et surtout la culture de tolérance. Il faut ici comprendre ce capital social dont je fais allusion au sens des penseurs et théoriciens sociaux comme Tocqueville, Putnam, Fukuyama, etc pour ne citer que ceux-là. Pour ma part, malgré le caractère imprévisible des politiciens africains et leur fougue du pouvoir, je fonde espoir que le président Issoufou tiendra sa parole, du moins je voudrais bien lui accorder ce bénéfice de doute en faisant référence à son histoire, son engagement et les combats démocratiques multiformes qu’il a eu à mener dans l’histoire récente de notre pays. S’entêter au pouvoir revient pour lui à faire disparaître toute cette histoire glorieuse.

Bachir Sani
Doctorant en Sociologie Politique