Turquie-Afrique : L’union avec l’Afrique est maintenant plus que jamais nécessaire (Chef de la diplomatie turque)

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Dans un message de félicitations adressé aux partenaires africain de la Turquie à l’occasion de la Journée de l’Afrique, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, s’est félicité des « progrès réalisés ces dernières années par l’Afrique dans de nombreux domaines ». Ces progrès augurent, selon Cavusoglu, d’importants développements dans les différents domaines de partenariat avec le continent africain.

« Nous nous efforçons d’étendre davantage nos relations économiques et commerciales avec l’Afrique, d’accroître notre aide humanitaire et au développement (…) sur la base d’une vision ‘’gagnant-gagnant’’ et du respect mutuel », a-t-il souligné.

Le chef de la diplomatie turque a mis l’accent sur l’évolution des rapports de la Turquie avec ses partenaires africains, en voulant pour preuve l’augmentation du nombre d’ambassades de la Turquie en Afrique, qui compte aujourd’hui 42 représentations diplomatiques dans différents pays du continent, alors qu’elles n’étaient que de 12 en 2002. Et d’ajouter que les ambassades africaines accréditées auprès d’Ankara sont passées de 10 en 2008 à 36 représentations diplomatiques aujourd’hui, ce qui a eu pour effet de « multiplier par six le volume des échanges bilatéraux au cours des 18 dernières années ».

Et le ministre turc des affaires étrangères d’énumérer les différents indicateurs du développement de ces relations :

« La Fondation Maarif de Turquie gère 144 établissements d’enseignement et 17 internats à travers l’Afrique. Des milliers de diplômés provenant de 54 pays africains ont étudié en Turquie dans le cadre du programme de bourses d’études ‘Türkiye’ », ajoutant que 22 bureaux de coordination des programmes de l’Agence turque de coopération et de développement (TIKA) opèrent en Afrique.

Se référant au premier Sommet du partenariat Afrique-Turquie, tenu à Istanbul en 2008, Cavusoglu souligne que la « Turquie et les pays africains ont clairement exprimé leur volonté mutuelle de porter leurs relations à un stade plus avancé, par le fait que notre pays est devenu un partenaire stratégique de l’Union africaine ».

Et le ministre turc de faire le parallèle entre les principes qui ont régi la fondation de l’Organisation de l’Union africaine, le 25 mai 1963, et le combat de la Turquie lors de la fondation de la République quarante ans plus tôt, en 1923, soulignant que « l’Afrique d’aujourd’hui a fait des progrès significatifs pour atteindre le niveau d’intégration dont (ses) dirigeants visionnaires rêvaient depuis les années soixante »

« L’Afrique avec laquelle nous sommes fiers d’être en partenariat est l’Afrique de l’esprit de 1963 et des objectifs 2063 de l’Union africaine », souligne Cavusoglu, qui fait de cet « esprit » la principale optique qui caractérisera la tenue du « troisième Sommet du partenariat Afrique-Turquie », ainsi que la tenue du « troisième Forum économique et d’Affaires Turquie-Afrique », prévu pour le mois d’octobre 2020.

Se félicitant de la gestion de la pandémie de Covid-19 par les pays africains « grâce à leur expérience dans la lutte contre les maladies épidémiques », le ministre turc ne manque pas de rappeler que la Turquie « figure parmi les États qui ont laissé derrière eux la première phase de la pandémie et qui peuvent actuellement maintenir le nombre de nouveaux cas en dessous de leur capacité de traitement ».

Et d’ajouter dans ce même contexte que la Turquie, qui « a tendu une main secourable » à un grand nombre de partenaires, dont les États-Unis et la Chine, s’efforce de répondre le plus rapidement possible aux demandes de soutien qui proviennent actuellement des pays africains amis.

Mevlut Cavusoglu souligne à cet égard que l’épidémie a engendré des conséquences économiques et sociales négatives à travers le monde. Autant de « problèmes qui exigent que la communauté internationale (…) cherche collectivement des solutions ».

Et d’ajouter que « Le monde après COVID-19 devrait être un monde qui nécessite plus de coopération internationale qu’auparavant », tempérant son souhait par la réalité qui se dégage des développements actuels à l’échelle planétaire, où la concurrence a pris le pas sur la coopération, démontrant que notre monde ne sait pas tirer les leçons de son passé.

Appelant de ses vœux un retour à « l’esprit du 25 mai 1963 », le chef de la diplomatie turque illustre son propos par l’évocation de la ligne directrice des rapports internationaux, tels qu’il les ambitionne pour son pays, et pour les pays africains frères et amis. C’est ainsi qu’il déclare : « Je crois sincèrement que l’Afrique contribuera non seulement au bien-être de son propre peuple, mais aussi à l’ordre mondial des années à venir » !

Et de conclure : « Le partenariat Turquie-Afrique sera montré en exemple dans le nouvel ordre mondial post-épidémique, dans lequel la solidarité deviendra plus importante ».

Le message partagé par le ministre turc des Affaires étrangères à l’occasion de la Journée de l’Afrique est comme suit :

L’UNION AVEC L’AFRIQUE EST MAINTENANT PLUS NECESSAIRE QUE JAMAIS

Je tiens à féliciter de tout cœur tous nos amis africains pour la Journée de l’Afrique. Les conditions extraordinaires causées par la pandémie du COVID-19 dans le monde entier rendent la solidarité symbolisée par la Journée de l’Afrique encore plus significative cette année.

Les progrès réalisés ces dernières années par l’Afrique dans de nombreux domaines et notre partenariat en développement avec le Continent nous permettent d’envisager l’avenir avec espoir, malgré les graves défis actuels. En collaboration avec nos institutions publiques, les organisations non gouvernementales et le secteur privé, nous avons donné la priorité au développement de notre coopération avec le Continent africain. Nous nous efforçons d’étendre davantage nos relations économiques et commerciales avec l’Afrique, d’accroître notre aide humanitaire et au développement, ainsi que le nombre des bourses d’études supérieures et des vols de Turkish Airlines. Nous souhaitons renforcer davantage nos relations avec l’Afrique sur la base d’une vision « gagnant-gagnant » et du respect mutuel.

Il est également possible de comprendre la détermination de la Turquie à élever ses relations avec l’Afrique au plus haut niveau en regardant les chiffres. Le nombre de nos ambassades en Afrique à atteint 42 alors qu’il n’était que de 12 en 2002. Quant au nombre d’ambassades africaines à Ankara, qui était de 10 au début de 2008, il est passé aujourd’hui à 36. Le nombre des visites mutuelles de haut niveau entre les années 2015 et 2019 a été supérieur, à lui seul, à 500. Notre volume d’échanges bilatéraux a été multiplié par six au cours de ces 18 dernières années. Aujourd’hui, la Fondation Maarif de Turquie gère 144 établissements d’enseignement et 17 internats à travers l’Afrique. Des milliers de diplômés provenant de 54 pays africains ont étudié en Turquie dans le cadre du programme de bourses d’études Türkiye. Le nombre de bureaux de coordination de programme de l’Agence turque de coopération et de développement (TIKA) en Afrique a atteint 22.

L’intérêt de la Turquie pour l’Afrique, avec laquelle elle a des liens historiques et humains, et les sentiments d’amitié du peuple turc envers le Continent africain ne sont pas nouveaux. Cependant, ces développements concrets sont le fruit de la stabilité politique atteinte en Turquie à partir de 2002 et de la continuité de notre politique étrangère qui en découle.

La Turquie et les pays africains ont clairement exprimé leur volonté mutuelle de porter leurs relations à un stade plus avancé par le fait que notre pays est devenu un partenaire stratégique de l’Union africaine et que le premier Sommet du partenariat Afrique-Turquie s’est tenu à Istanbul en 2008.

Peu après avoir pris mes fonctions de Ministre des Affaires étrangères, j’ai accompagné S.E.M. le Président Recep Tayyip Erdoğan lors du deuxième sommet du partenariat Afrique-Turquie qui s’est tenu à Malabo en novembre 2014. Je me suis fait de nombreux amis sur le Continent.

Lorsque les Présidents africains ont fondé l’Organisation de l’Union africaine le 25 mai 1963, ils avaient pour objectif de protéger les affaires africaines en agissant dans l’unité, de soutenir les luttes pour l’indépendance en cours et de se débarrasser du modèle économique colonial basé sur l’importation de produits finis et l’exportation de produits de base vers les pays du Nord. Dès le début, la Turquie avait décidé de prendre le parti de l’Afrique dans sa juste cause.

En effet, le sommet historique tenu à Addis-Abeba a eu un impact en Turquie. En examinant les articles publiés par la presse turque et les comptes-rendus des débats à la Grande Assemblée nationale de Turquie, on peut voir l’importance accordée aux relations avec les États africains venant de gagner leur indépendance. Les efforts des Africains pour se gouverner eux-mêmes étaient comparés au combat de la Turquie lors de la fondation de notre République quarante ans plus tôt, en 1923. L’apartheid était farouchement condamné.

L’Afrique d’aujourd’hui a fait des progrès significatifs pour atteindre le niveau d’intégration dont les dirigeants visionnaires rêvaient depuis les années soixante.

Depuis le début de son partenariat avec l’Afrique, la Turquie a choisi la politique de soutenir sans condition les objectifs que le continent s’était fixés. L’Afrique avec laquelle nous sommes fiers d’être en partenariat est l’Afrique de l’esprit de 1963 et des objectifs 2063 de l’Union africaine. Nous continuerons à veiller sur les priorités de l’Afrique au sein de toutes les organisations et entités dont nous sommes membres, en particulier aux Nations Unies.

Dans cette optique, nous souhaitons tenir le troisième Sommet du partenariat Afrique-Turquie dès que possible. Nous prévoyons également de tenir en octobre 2020 le troisième Forum économique et d’Affaires Turquie-Afrique que nous avions organisé à Istanbul en 2016 et 2018 avec de bons résultats.

COVID-19 a pris le monde au dépourvu. Les pays africains ont pris les mesures nécessaires en temps opportun grâce à leur expérience dans la lutte contre les maladies épidémiques. Le nombre de cas et de décès sur le Continent est relativement faible à l’heure actuelle. Nous espérons sincèrement que cela continuera ainsi et que la maladie sera éliminée du Continent le plus rapidement possible. La Turquie figure parmi les États qui ont laissé derrière eux la première phase de la pandémie et qui peuvent actuellement maintenir le nombre de nouveaux cas en dessous de leur capacité de traitement. Ayant été en mesure de fournir une aide en équipements à certains pays dès les premiers mois de l’épidémie, la Turquie vise à accroître sa capacité d’assistance dans la période à venir. En tant que nation ayant tendu une main secourable au plus grand nombre de partenaires après les États-Unis et la Chine, la Turquie s’efforce de répondre le plus rapidement possible à de telles demandes qui proviennent actuellement des pays africains amis et celles à venir.

D’autre part, l’épidémie a des conséquences économiques et sociales négatives partout dans le monde.

Le résultat direct du ralentissement des activités économiques dû aux mesures de protection est la baisse de la production et des revenus de chaque pays sans exception. Une conséquence secondaire est la chute des prix des matières premières comme les métaux et le pétrole qui sont utilisés dans la production industrielle et le transport. Cette baisse touche les pays qui dépendent de la vente de ces produits pour leurs revenus d’exportation. A cet égard, elle touche davantage certains pays africains.

Ce sont des problèmes qui exigent que la communauté internationale se réunisse et cherche collectivement des solutions. Le monde après COVID-19 devrait être un monde qui nécessite plus de coopération internationale qu’auparavant, et non moins. La Turquie est prête à faire ce qui lui incombe à cet égard aux côtés d’autres pays.

Malheureusement, le tableau qui se dégage au niveau international ces dernières semaines en est un où la concurrence – et non la coopération – passe au premier plan, et où prévaut une perspective qui considère le monde comme un jeu à somme nulle. Pourtant, l’histoire nous a montré tous les méfaits de telles rivalités brutales et des guerres froides.

Dans l’esprit de 1963, le Continent africain surmontera également ce défi dans l’unité. Je crois sincèrement que l’Afrique contribuera non seulement au bien-être de son propre peuple, mais aussi à l’ordre mondial des années à venir et que le partenariat Turquie-Afrique sera montré en exemple dans le nouvel ordre mondial post-épidémique dans lequel la solidarité deviendra plus importante.

C’est pourquoi l’esprit du 25 mai 1963 est nécessaire pour nous tous.

Une fois de plus, je félicite de tout cœur la Journée de l’Afrique de tous les Africains.

AA