Au Niger « des milliers de tonnes de résidus d’uranium exposés à l’air libre depuis une quarantaine d’années »

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La décision est diversement accueillie au sein de l’opinion publique nigérienne. Les travailleurs de l’entreprise disent être pris de court par une telle annonce.

« Dans l’ensemble, les travailleurs ne sommes pas prêts pour cette fermeture »,regrette Moutari Aboubacar, délégué du syndicat du personnel de l’administration des mines du Niger.

Beaucoup ont contracté des dettes auprès de banques et ne peuvent pas honorer leurs engagements d’ici la date de fermeture annoncée. C’est pourquoi ils demandent à l’état de « trouver des solutions alternatives ».

L’entreprise a annoncé qu’un plan d’accompagnement revu avec les partenaires sociaux sera mis en place pour chaque salarié. Il inclut « des mesures complémentaires au dispositif légal, notamment des propositions de reclassement dans d’autres entreprises », précise un communiqué de presse de l’entreprise.

Les défenseurs des droits humains estiment néanmoins que les autorités doivent veiller à ce que les droits des travailleurs soient respectés. « C’est l’Etat qui doit s’assurer que ca se passe dans des conditions qui respectent la réglementation en vigueur, c’est le minimum », commente Moussa Tchangari, secrétaire-général de l’association Alternatives Espaces Citoyens.

En plus des conséquences sociales de cette décision d’arrêt de productionde la Cominak, les activistes s’inquiètent des répercussions sur l’environnement. La loi minière demande aux compagnies qui exploitent des mines de restaurer l’environnement à son état initial après fermeture.

« Comment est-ce qu’ils vont faire avec les milliers de tonnes de résidus extraits et exposés àl’air libre depuis une quarantaine d’années », questionne Ousmane Naoni, du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB).

La compagnie minière d’Akouka (Cominak) est une des deux succursales du groupe nucléaire français Orano, ancien Areva, qui exploite depuis 1978 l’uranium sur trois gisements.

Les réserves des gisements s’épuisent depuis des années, ce qui, avec la forte baisse du prix de l’uranium sur le marché, a plongé la société dans de graves difficultés de trésorerie, d’où la décision d’arrêt de la production annoncée le 23 octobre dernier par le conseil d’administration.

VOA